Vrac, beauté, recyclage... J'ai testé un mois zéro déchet

- Carnet de bord -

Un mois sans déchet, c'est possible ?

Le défi de la nouvelle année

Il y a quelques mois, la rédaction de Paris-Normandie s'est lancée le défi de réduire son empreinte carbone. Pour ce faire, j'ai décidé que le mois de janvier 2020 serait zéro déchet. Mais pour être honnête... J'ai commencé en décembre !

Pourquoi décembre ? Parce qu'avec l’opulence et le faste des fêtes de fin d'année, autant se lancer un défi au moment où cela semble le plus compliqué. Cadeaux, emballages, décoration... Sans oublier toutes les petites courses du quotidien qui s'ajoutent à une pile de déchets déjà conséquente d'autres conditionnements parfois inutiles. L'idée était donc de pousser les limites du zéro déchet jusqu'en janvier, pas à pas.

Tous les ans en France, chaque habitant jette en moyenne 513 kilos de déchets ménagers dans ses poubelles. Soit près d'une tonne par seconde. À mon échelle, je vais essayer au maximum de réduire ce chiffre ainsi que ma consommation générale.

Jour 1. L'état des lieux

Avant de se lancer, il faut être conscient des habitudes à changer et ne pas culpabiliser.

Pour mettre les pieds dans le plat dès le 1er janvier, je décide de peser ma poubelle qui ne sort jamais plus d'une fois par semaine : 7 kilos tout pile. Moins que les 9 kilos de moyenne nationale.
Dans le détail, il y a des épluchures, des capsules de café, quelques restes de nourriture ou d'emballages et la litière du chat. Le tout, sans compter la grosse partie de nos déchets en plastique ou en carton qui partent au recyclage et ce, malgré quelques bonnes habitudes : produits d'entretien ou yaourts maison, vrac et
circuits courts... Mais, est-ce suffisant ?

La règle des «5 R»

Avant de se lancer, on a l'image de cette famille modèle dont les poubelles annuelles tiennent dans un bocal en verre. La famille de Béa Johnson. Cette blogueuse française installée à San Fransisco ( USA) est une véritable papesse du mode de vie sans déchet.

Dans son livre du même nom, Béa Johnson s’astreint à cet art de vivre en s'imposant cinq règles : refuser, réduire, réutiliser/réparer, recycler et composter. Le plus important étant d'appliquer ces étapes chronologiquement pour réduire durablement ses déchets et consommer différemment.

Mais Rouen, ce n'est pas tout à fait la côte est des États-Unis. Alors quelques semaines avant de me lancer dans le périple du sans déchet, Marie-Armelle, bénévole pour l'association Zéro déchet Rouen m'a aiguillée.

Refuser, la première étape clé

« Dire non, c'est finalement la chose la plus simple à faire mais que l'on oublie souvent », explique Marie-Armelle, de l'association Zéro déchet Rouen, à la quinzaine de Rouennais curieux venus écouter les conseils et bonnes bases pour adopter un quotidien moins pollué. Coller un « stop pub » sur sa boîte aux lettres pour éviter les quelques 40 kilos de prospectus distribués chaque année. Éviter de prendre les sacs distribués dans tous les magasins et ranger un sac en toile à sortir en cas de besoin. Refuser les cadeaux ou échantillons inutiles...

C'est en fonction des habitudes de chacun et de ce que nous sommes prêts à laisser de côté. Pour ma part, ce sera surtout les bouteilles et les sacs qu'ils soient en papier ou en plastique.

Réduire, pour une consommation plus juste

Toutes les étapes sont liées les unes avec les autres. Si « réduire » peut sembler similaire à « refuser », il y a tout de même une nuance. Nous ne pouvons pas nous passer de tout, mais certaines denrées sont consommées à outrance : les vêtements et l'électroménager, pour n'en citer que deux.

Faut-il rappeler que l'industrie de la mode est l'une des plus polluante au monde ? Les ménages français dépensent en moyenne, chaque année 39 milliards d'euros en articles d'habillement. Soit une moyenne de 1 230 € par an pour un foyer. Et 85 % de ces achats finissent à la poubelle...

Selon l'Agence européenne pour l'environnement (EEA), le volume de vêtements achetés dans l'Union européenne a augmenté de 40 % entre 1996 et 2012. Une frénésie de consommation qui connaît un bond depuis les années 2000, selon GreenPeace, principalement dû au phénomène de « Fast fashion », où certaines enseignes sortent près de 25 collections différentes par an.

En ce qui me concerne, j'ai acheté un jean et une jupe en décembre, dans un magasin solidaire du Secours populaire et une robe d'occasion. Depuis quelques mois, j'ai une technique, assez psychologique, mais qui fonctionne (sur moi) pour ne pas avoir la fièvre acheteuse : chaque vêtement que je vends sur des sites de vente entre particuliers fait grimper une petite cagnotte que je m'efforce de ne pas dépasser lorsque j’achète autre chose, la plupart du temps d'occasion.

Réutiliser et réparer, pour une meilleure vie

Réduire suppose aussi de réutiliser les objets, les vêtements ou de réparer ce qui ne fonctionne plus avant de jeter. De nombreux lieux, comme des ressourceries permettent de donner une seconde vie à des objets vieillissants. Pour les appareils électroménagers ou même les téléphones portables, j'opte toujours pour du reconditionné. Cette méthode permet également de contre-carrer l'effet d'obsolescence programmée. Et enfin, plutôt que de jeter, pensez à donner !

Recycler, le « R » le mieux maîtrisé ?

Recycler, c'est certainement l'étape que l'on pense le mieux maîtriser. Pourtant, si ce « R » ne termine pas premier dans la liste des choses à faire pour réduire nos déchets, c'est parce qu'il ne doit venir qu'en complément du reste. Si moins de déchets sont produits, il y aura forcément moins de recyclage.

Sur ce point-là, j'ai encore beaucoup de travail. J'ai du mal à me passer de l'eau en bouteille... Et de manière générale, les contenants liquides sont encore très souvent en plastique.

Composter, la dernière règle

Ce n'est pas un « R », mais une règle qui clôt les bons conseils pour adapter son quotidien au zéro déchet : composter les déchets organiques et carbones. Au fond du jardin, pour un compostage naturel, dans les collectes collectives, ou grâce à un lombricomposteur d'appartement... De nombreuses techniques existent.

Pour ma part, ce sera la dernière option, fabriquée à l'atelier de Jacques Campion et un coin compost dans le fond de la cour pour compléter ce qui ne va pas chez mes colocataires vers de terre.

Jour 5. L'inventaire

En décembre, les objectifs fixés étaient compliqués.

En 2019, j'ai troqué le calendrier de l'avent jetable contre un petit en bois, d'occasion. Côté sapin, je fais un impair avec un arbre naturel (mais de production locale).
J'ai ressorti la petite cafetière à l'italienne et laissé de côté les capsules beaucoup trop polluantes et franchement moins bonnes. Bémol : je bois toujours de l'eau en bouteille. Avant les courses, je fais un liste et j'en profite pour faire le tri et ranger dans des boîtes et bocaux ce qui traîne.

Dix accessoires au quotidien

Pour partir sur de bonnes bases, quelques gestes simples à appliquer seront parfaits pour réduire visiblement vos déchets à la maison, au travail et même pendant les courses.

Dans la cuisine

  • Fini l'essuie-tout et les éponges : vive les tissus absorbants (en tissu, donc), les tawashis et les éponges lavables.

Pour cette première habitude à perdre, avis aux couturiers amateurs et aux bricoleurs. Il est temps de sortir du fil, des aiguilles et quelques bouts de tissu. Premier changement, l'éponge : disponibles dans le commerce ou chez des spécialistes de la vente à domicile, comme la marque H2O, les éponges lavables sont très faciles à faire.

J'ai opté pour cette recette à la maison depuis plusieurs années et honnêtement, c'est bluffant, plus efficace et robuste qu'une éponge classique.

Côté tawashi, même si je ne ne suis pas encore une adepte de ces petites éponges venues du Japon, je reconnais leur aspect très pratique et elles sont plutôt jolies. En plus d'être écologique, le tawashi peut être fabriqué à partir de vieilles chaussettes... Pratique lorsqu'il n'en sort plus qu'une de la machine à laver !

Enfin, pour l'essuie-tout lavable, il faudra également un peu de couture pour lier de vieux carrés de serviette entre-eux avec des pressions. Pour les plus motivés, l’alternative couture est également possible.

  • Des boîtes et des pots pour ranger et conserver les denrées fraîches ou sèches.

C'est une habitude à prendre, certes, mais certainement celle qui vous fera drastiquement réduire vos déchets. Pour remplir les pots en verre ou les boîtes précieusement gardées, il faut néanmoins se rendre dans un magasin de vente en vrac.

Ils se démocratisent de plus en plus, dans les grandes villes, mais aussi dans les zones rurales. Même les grandes enseignes développent des rayons en vrac pour satisfaire une demande grandissante. Produits secs, épicerie, produits d'entretien, cosmétiques... La liste est de plus en plus longue et la majorité des enseignes acceptent les contenants apportés par les clients.

Retrouvez toutes nos adresses de magasins en vrac en Seine-Maritime et dans l'Eure juste ici.

En ce qui concerne les produits frais, les bouchers, traiteurs, poissonniers, crémiers ou primeurs ne sont plus étonnés de voir les consommateurs venir avec leurs propres contenant pour éviter les sacs et emballages supplémentaires.

De mon côté, j'opte pour une petite promenade dominicale sur le marché pour les fruits et légumes de la semaine. Cela permet de consommer local et de saison. En ville ou pour les pressés, les Amaps sont également des atouts dans la quête du zéro déchet.

  • Des bee wraps et des charlottes pour couvrir les plats du frigo.

Fini le film alimentaire ou le papier aluminium à usage unique et qui peuvent laisser un mauvais goût sur les aliments... On opte pour les bee wraps, de petits emballages en tissu enduits de cire d'abeille, 100 % naturels et utilisables à l'infini (tant qu'on en prend soin et qu'on enduit à nouveau de cire d'abeille quand le tissu a trop servi).

En plus d'être jolis, ils sont très pratiques et imperméables. Vous pouvez en faire de toutes les tailles en fonction de vos contenants.

Confection : sur un tissu préalablement découpé (idéalement avec des ciseaux crantés) et lavé, disposez la cire d'abeille en petites paillettes (disponible dans les magasin bio) et enfournez le tout quelques minutes. Sans four, l'opération est également réalisable avec un fer à repasser et deux feuilles de papier cuisson à placer en-dessous du tissu et par-dessus la cire, avant de repasser le tout jusqu'à absorption. Il faudra laisser sécher quelques minutes avant de s'en servir.
On peut également coudre sur le bord du tissu un élastique pour un effet charlotte qui s'adapte à tous les contenants. Le bee wrap se nettoie simplement à l'eau (pas trop chaud pour ne pas faire fondre la cire).

Pour les courses

  • Un sac à tarte, des tote bags et une myriade de petits sachets pour faire ses courses en toute simplicité.

Quoi de mieux pour aller faire ses courses qu'une multitude de sachets et de sacs bien pratiques pour ranger ses provisions. Un sac à tarte (ou à gâteaux) qui fera toujours sensation au moment de ramener le goûter aux collègues, accompagné de tote bag pour le transport : une valeur sûre.

Pour les courses en vrac, plutôt que les pots en verre un peu lourds, j'utilise des sachets en tissu de plusieurs tailles différentes, noués avec des ficelles, des scratches ou des pressions.

Pour le boulot

  • Une gourde en inox, en verre, en bambou ou en plastique recyclé...

Chaque année, 89 milliards de bouteilles d'eau en plastique sont vendues dans le monde, ce qui représente 2 822 litres d'eau mis en bouteille chaque seconde. Pour réduire cette consommation au moins en dehors de la maison, la gourde est une alternative tendance et écologique. Il en existe de toutes les formes, matières et à tous les prix.

  • Un mug pour le thé ou le café.

Qu'il y ait des machines industrielles ou des cafetières et autres bouilloires à disposition dans votre entreprise, les gobelets jetables sont encore trop souvent présents. La solution : toujours avoir un mug qui traîne sur le bureau. L'avantage : sur de nombreuses machines industrielles qui détectent automatiquement le contenant, la boisson est 10 centimes moins cher !

Et si vous êtes adeptes des boissons à emporter, là encore, préférez un mug de voyage hermétique (que les enseignes remplissent sans poser de questions) aux gobelets en carton et plastique qui ne sont pas recyclables !

  • Une boule à thé ou des dosettes lavables pour chaque pause café.

Une grande partie des capsules de café n'est pas recyclable. Pour éviter tout ce gâchis, des dosettes réutilisables et lavables sont en vente dans de nombreux magasins bio. Pour les couturiers en herbe, les dosettes et autres sachets de thé sont également faciles à réaliser. Attention, il vous faudra choisir un tissu non traité, non teinté et biologique.

  • Du vrac plutôt que des portions individuelles.

Pour le sucre, le café et même le thé, le plus écologique (et économique) est de stocker les matières premières en vrac dans des pots bien hermétiques pour préserver les saveurs.

  • Des boîtes pour acheter son déjeuner.

Si vous n'avez pas eu le temps de cuisiner votre déjeuner, pensez à garder quelques boites dans votre placard pour aller faire vos emplettes. Kebab, boulangerie, traiteur ou même restaurant... tous (ou presque) jouent le jeu, on vous l'assure !

Jour 10. Exceptions

Un mois sans supermarché et sans déchet, c'est long !

Sans vouloir vous spoiler, sachez que je n'ai pas réussi à tenir un mois complet sans déchet. Je suis allée au supermarché trois fois et la montagne d'emballages récoltés m'a vraiment fait peur... J'ai également commandé à emporter une fois. Marie-Armelle préconise de ne pas culpabiliser : « On ne peut pas changer du tout au tout en une journée », dit-elle en avouant faire aussi quelques impairs. « L'important est d'essayer de faire du mieux que l'on peut et d'en parler autour de nous. »

Quels produits d'entretien utiliser ?

Faites un test. Comptez le nombre de produits d'entretien dont vous disposez... Il y a souvent un produit pour chaque surface.

Dans les placards

Tablettes pour le lave-vaisselle, gel WC, nettoyant multi-usages, lessive ou encore, liquide vaisselle... Avant de vous lancer dans la confection de produits d'entretien, assurez-vous d'avoir quelques ingrédients et ustensiles indispensables. À savoir : une balance de cuisine, du bicarbonate de soude, du vinaigre blanc ménager à 14 %, de l'acide citrique, des cristaux de soude et quelques gouttes d'huiles essentielles.

  • Le vinaigre blanc, notre meilleur allié.

Honnêtement, je ne jure que par le vinaigre blanc pour le ménage à la maison. Détartrant, désinfectant, désodorisant et bon marché, on peut l'utiliser pour tout nettoyer.

Mon astuce pour atténuer l'odeur du vinaigre : préparer des macérats avec des épluchures de fruits, des plantes et même des épices en fonction des saisons. Par exemple, au moment de Noël, pensez à récupérer quelques branches de sapin, des pelures d'oranges et même des bâtons de cannelle si ça vous chante. Pour le reste, il suffit de faire tremper sa plante ou ses épluchures dans 1/4 de litre de vinaigre blanc et de laisser reposer au moins une semaine pour que l'odeur s’imprègne. Filtrez, ajoutez le reste de vinaigre et c'est prêt !

Le vinaigre blanc « pur » s'utilise pour nettoyer et désinfecter les planches à découper, détartrer les robinets (à condition de laisser poser quelques heures en enroulant dans un chiffon imbibé), déboucher l'évier ou les toilettes (accompagner de bicarbonate de soude), ou encore, faire briller la vaisselle lorsque l'on ajoute un bouchon à l'eau de rinçage dans l'évier.

Recette du produit à vitres : diluez une dose de vinaigre pour cinq doses d'eau déminéralisée dans un pulvérisateur et ajouter quelques gouttes d'huiles essentielles de citronnelle pour ses vertus répulsives et antibactériennes.

  • Le bicarbonate de soude super puissant.

Ajouté au pouvoir du vinaigre blanc, le bicarbonate de soude est un puissant décapant.

Recette du produit multi-usage : mélangez dans une bouteille une cuillère à soupe de bicarbonate de soude, une autre de vinaigre blanc et une dernière cuillère d'huile essentielle dans un litre d’eau chaude . Secouez bien le tout et le tour est joué.

Recette du détartrant surpuissant WC : pour une dose de produit WC, mélangez une dose de bicarbonate de soude avec une demi-dose de vinaigre blanc (idéalement mesuré avec une petite tasse à café). Vous pouvez ajouter quelques gouttes d'huiles essentielles et verser le tout dans la cuvette des toilettes. Laissez reposer 30 minutes puis frottez avec la balayette. Et c'est tout propre ! Si vous souhaitez en préparer en avance, la poudre se conserve à l'abri de l'humidité et de la chaleur.

Recette du gel WC : pour un litre de produit, versez 600 ml d’eau et 340 ml de vinaigre dans une casserole. Faites bouillir. Dans un bol, diluez quatre cuillères à soupe de fécule de maïs dans 60 ml d'eau et incorporez le mélange à la préparation bouillante. Mélangez avec un fouet et laissez refroidir. Ajoutez les gouttes d'huiles essentielles dans une bouteille de récup’ dotée d’un bec verseur (ancienne bouteille de produit WC, de liquide vaisselle…).

Recette du nettoyant pour les canalisations : mélangez une dose de bicarbonate de soude, une dose de gros sel et deux doses de vinaigre blanc. Attention, le mélange mousse (mais c'est normal). Versez le tout dans le siphon et laisser agir 15 minutes. Versez ensuite un litre d'eau bouillante par-dessus !

Recette de l'assouplissant : pour un litre d'assouplissant, versez 1/4 de vinaigre blanc, quelques gouttes d'huiles essentielles et remplissez le reste de la bouteille avec de l'eau chaude. Mélangez avant chaque utilisation.

  • Du savon pour toute la maison.

Qu'il soit noir ou de Marseille, liquide ou en copeaux, le savon est un nettoyant naturel qui peut s'utiliser seul (dilué dans de l'eau chaude) ou accompagné d'autres ingrédients naturels pour une meilleure efficacité. Il servira pour les sols, pour dégraisser la cuisine et le four (utilisé seul) et même pour une lessive 100 % naturelle.

Recette du nettoyant sol : mélangez 100 g de bicarbonate de soude (ou 10 cl de vinaigre blanc) avec trois cuillères à soupe de savon noir liquide. Ajoutez 10 à 30 gouttes d’huiles essentielles (vous pouvez mixer les parfums). Versez le liquide dans une bouteille et c'est prêt ! Pour utiliser le produit, mélangez-le à un grand seau d'eau.

Recette de lessive liquide au savon noir : faites chauffer 750 ml d'eau dans une casserole. Une fois l'eau chaude, ajoutez 250 ml de savon noir. Mélangez avant d'incorporer 40 grammes de bicarbonate de soude puis 60 grammes de cristaux de soude. Mélangez bien et laissez complètement refroidir dans la casserole avant de transvaser la lessive dans une bouteille ou un bidon.

Recette de lessive en poudre au savon de Marseille : mixez 200 grammes de paillettes de savon de Marseille (blanc), 200 grammes de bicarbonate de soude, 180 grammes de cristaux de soude, 80 grammes de percarbonate de soude et 30 gouttes d’huiles essentielles de tea tree (antibactérien et antiseptique) jusqu'à l'obtention d'une poudre fine. Conservez dans un bocal bien étanche et à l’abri de la chaleur. Une cuillère à soupe suffit pour une machine de 4-5 kg. Utilisez le double si la machine a un plus gros contenant ou si le linge est sale.

Recette de lessive liquide au savon de Marseille (ou d'Alep) : portez 1,8 litre d’eau à ébullition et ajoutez hors du feu 120 grammes de savon en copeaux (ou râpé). Mixez le tout et laissez légèrement refroidir. Ajouter 100 grammes de bicarbonate de soude et 100 grammes de cristaux de soude. Mélangez et attendez que la lessive soit revenue à température ambiante pour la verser dans une bouteille ou un bidon.

Recette de lessive de lierre : mixez brièvement 50 feuilles de lierre. Faites chauffer avec un litre d'eau jusqu'à ébullition et ensuite, laissez cuire 15 minutes vos feuilles. Arrêtez le feu et laissez refroidir 24 heures, toujours avec le couvercle. Le lendemain, filtrez la préparation et ajoutez une cuillère à soupe de percarbonate et une autre de bicarbonate. La lessive se conserve environ trois semaines à l'abri de la chaleur et de la lumière.

Tablettes pour lave-vaisselle (environ dix tablettes) : mélangez trois cuillères à soupe de bicarbonate, trois de cristaux de soude, une cuillère à soupe d'acide citrique et une dernière de gros sel. Avec un spray, pulvérisez quelques gouttes d'eau. Le mélange ne doit pas mousser. Mélangez bien et confectionnez les tablettes en tassant la poudre dans un bac à glaçons. La poudre ou les tablettes sont à conserver à l'abri de l'humidité.

Recette liquide vaisselle dégraissant : mélangez dans 80 ml d'eau bouillante 50 grammes de savon de Marseille râpé. Ajoutez une cuillère à soupe de savon noir, une autre de bicarbonate de soude, une de cristaux de soude et une dernière de vinaigre blanc. Mélangez jusqu'à ce que la préparation soit homogène et ajoutez deux gouttes d'huiles essentielles. Laissez reposer le mélange plusieurs heures jusqu'à ce qu'il se transforme en pâte. Versez-le ensuite dans un récipient.

Jour 15. La routine

Les jours avancent et une routine s'installe.

Un mois sans produire le moindre déchet, c'est un sacré pari. Avant de commencer, j'étais consciente que je ne serais pas complètement zéro déchet, mais le point positif, c'est que le poids de ma poubelle à drastiquement diminué. Si je continue sur cette lancée, je me serai débarrassée d'un seul sac d'ordures ménagères ce mois-ci. Une prouesse qui sera sans doute difficile à reproduire.
Recyclage, compostage, don et réduction des déchets... Tout ça avance et je cherche activement un moyen durable de filtrer l'eau du robinet sans passer par une carafe ou un procédé chimique.

Jour 25. Beauté

Réduire ses déchets dans la salle de bain, c'est clairement un défi de taille. Entre les cotons, le papier, le maquillage, les gels douche et autres soins... Ce n'était pas gagné !

Avant de commencer, j'avais fait la liste des choses que je ne pouvais pas remplacer pour le moment. Outre les bouteilles en plastique, j'ai gardé dentifrice, cotons-tiges et quelques autres produits comme les mouchoirs en papier. Mais je sais que d'autres ont totalement réussi à passer au zéro déchet de ce côté-là aussi. Heureusement, j'ai quelques astuces beauté.

Routine beauté à adopter

Dans la salle de bain, les déchets sont nombreux. Pourtant, il est facile de réduire durablement quelques produits et ingrédients, en commençant par les plus simples : le coton, les savons ou même les gommages.

Dans la salle de bain

  • Troquez les cotons-tiges contre un oriculi.

L'oriculi ressemble à un petit cure-dents mais sert à se nettoyer les oreilles. Pour les moins téméraires, il existe aussi des cotons-tiges lavables. Une véritable alternative à l'usage unique de cet outil du quotidien.

  • Exit les cotons jetables, vive les lingettes lavables.

Très simple à réaliser, même pour les couturiers amateurs, les lingettes peuvent se faire en recyclant de vieilles serviettes de bain et un T-shirt. Ils s'achètent aussi dans de nombreux magasins et passent à la machine à laver sans problème. En fonction des formes, les lingettes peuvent également servir pour nettoyer bébé.

  • Une brosse à dent en bambou.

Remplacer la brosse à dent en plastique est une grosse économie en termes de déchet. L'idéal est d'opter pour une brosse à dent en bambou, écologique et économique.

  • Le dentifrice.

Allié de la brosse à dents, le dentifrice est également une source de déchet importante, sans compter le fait que les ingrédients utilisés peuvent parfois être controversés. Il peut être solide, en pâte ou en poudre et s'achète également en magasin bio.

Il existe de nombreuses recettes de dentifrice maison, mais celle à base de charbon actif et huile de coco est simple et très efficace. Pour cela, mélangez 30 grammes d'huile de coco, 2 grammes de bicarbonate de soude alimentaire, 5 grammes d'argile blanche, 5 grammes de charbon végétal, 3 gouttes d'huiles essentielles de menthe poivrée, 1 goutte de tea tree. Transvasez la pâte homogène dans un récipient et c'est prêt !

  • Adieu les flacons de shampoing et gels douche, place au solide !

Le savon solide est plutôt facile à réaliser avec (presque que) des produits du quotidien grâce à la saponification à froid.

Chaque huile essentielle ou huile végétale utilisée a ses propriétés. On peut utiliser de l'huile d'olive, de coco, d'amande... Le choix est très varié. On ajoutera par exemple, pour obtenir un savon gommant, de la poudre d'ortie et des huiles essentielles de citron à sa base. Ces savons peuvent servir pour les mains, le corps et le visage en fonction des ingrédients utilisés.

Pour réaliser des gels douche liquides, il faudra utiliser des bases neutres. C'est un peu plus coûteux que les solides. Tous ces produits sont également disponibles dans les magasins en vrac, il suffit de garder de vieilles bouteilles ou bocaux pour remplir ce dont on a besoin.

  • Des shampoings pour chaque type de cheveux.

Côté capillaire, les shampoings solides sont un peu plus coûteux et demandent un ingrédient, le tensioactif, pas toujours évident à trouver.

Recette de shampoing hydratant : mélangez 20 grammes de beurre de karité et 10 grammes d'huile de coco chauffée au bain-marie à 60 grammes de tensioactif également chauffé au bain-marie. Ajoutez 10 grammes d'eau et 20 gouttes de fragrance ou huiles essentielles. Versez la préparation dans un moule et laissez refroidir 24 heures au réfrigérateur.

Recette d'après-shampoing : vinaigre de cidre, de framboise ou œuf, pour un après-shampoing efficace ou un masque capillaire, rien de mieux que des produits naturels.

  • Des déodorants pour chaque membre de la famille.

Bien sûr, la traditionnelle pierre d'alun peut servir de déodorant, mais des déodorants solides ou en crème sont également réalisables facilement.

Recette de déodorant crème : mélangez 6 grammes de cire d'abeille fondue à 40 grammes d'huile de coco (au bain-marie). Ajoutez 35 grammes de bicarbonate de sodium, 15 grammes de fécule et 10 gouttes d'huiles essentielles de lavande. Laissez prendre plusieurs heures dans un petit récipient à température ambiante ou au réfrigérateur.

  • Un dissolvant moins polluant.

Le dissolvant, c'est une partie compliquée de la salle de bain, ce n'est pas un produit très bon tant pour la santé que pour la planète... Mais dans les magasins bio et en vrac, il existe des dissolvants pour les ongles moins mauvais qu'en grande surface. Le mieux est de conserver un petit pot en verre refermable et d'y caser des chutes de tissu pour créer un pot de dissolvant express et donner une seconde vie à toutes les petits morceaux de tissu inexploitables. Pour le vernis à ongles, on peut opter pour des recettes à l'eau ou ceux de la marque Mavala.

  • Les biens-faits de l'huile de coco.

L'huile de coco est vraiment un précieux atout dans la salle de bain, elle sert pour de nombreux produits.

Recette gommage huile de coco et café : mélangez une dose de marc de café (recyclé après le café du matin) avec une dose d'huile fondue et le tour est joué pour un gommage hydratant et raffermissant.

Recette soin cheveux, cils et ongles : pour réparer les cheveux et une meilleure repousse, optez pour l'huile de coco mélangée à l'huile de ricin. Ce soin s'utilise également sur les cils (avec une brosse type mascara) ou sur les ongles.

Jour 31. Le bilan

Le mois touche à sa fin et on peut dire que ce n'était pas de tout repos.

Le plus important lorsqu'on se lance dans le zéro déchet est finalement de ne vraiment pas culpabiliser et de savoir par quoi on peut commencer. Je n'ai pas tout testé et il y a encore de nombreuses astuces non exploitées, mais c'est un début. L'idée n'est pas de devenir un gourou en obligeant toute la famille à abandonner ses habitudes mais plutôt de faire attention, petit à petit sans pour autant oublier de se faire plaisir et s'autoriser quelques écarts. Alors, vous vous lancez quand ?

Rédaction et mise en page :
Lolita Blassieaux avec l'aide de Séverine Courard pour les recettes