La vallée du Cailly,
entre plans sociaux et espoir d'une reprise

Ils ont fait l’actualité depuis l’annonce, fin juin 2018, d’un plan social massif dans leur usine Novandie à Maromme. Au terme d’un processus éprouvant, les Mamie Nova se confient.

Un an dans l'enfer d'un PSE

Il y a tout juste un an, l’annonce d’une nouvelle vague de licenciements, cette fois chez Novandie à Maromme, avait replongé la vallée du Cailly dans la rubrique des plans sociaux. Cent dix-sept postes menacés (une soixantaine à l’usine, le reste au siège social) sur 191 existants : la coupe claire est brutale dans l’entreprise, propriété du groupe Andros, produisant les yaourts brassés des marques Mamie Nova et Bonne Maman.

«On a quand même essayé de batailler pour éviter ça...», soupire Delphine Bachelier, laborantine.

Avec la rage des condamnés, les salariés ont tenté, comme tant d’autres avant eux, de contrecarrer ce projet emballé sous l’appellation spécieuse de Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Depuis l’annonce tombée fin juin 2018, les Mamie Nova ont multiplié les actions, soutenus par le Comité pour l’emploi dans la vallée du Cailly : grèves, manifestations, rencontres avec des élus, blocage de la plate-forme logistique de Vironvay (27), pétition, présentation d’un plan alternatif au ministère du Travail... En vain*, les conditions du PSE sont restées inchangées, si ce n’est trois postes sauvés.

* Les salariés de Novandie ont fait appel de la décision du tribunal administratif qui a reconnu la validation du PSE par la Direccte. Au premier plan : Jean-Claude Amand (photo archives P. B./PN)

* Les salariés de Novandie ont fait appel de la décision du tribunal administratif qui a reconnu la validation du PSE par la Direccte. Au premier plan : Jean-Claude Amand (photo archives P. B./PN)

Dans un contexte de baisse continue de la consommation de produits laitiers en France et à l’exportation, ce n’est pas vraiment l’annonce du PSE qui a surpris mais son ampleur. Avec la suppression de deux lignes sur quatre, l’usine de Maromme réduit considérablement la voilure pour devenir un simple atelier de production. « L’annonce a été brutale mais la nouvelle organisation l’est tout autant », déplore Jean-Claude Amand, délégué syndical CFDT du personnel, entré en 1988 quand à l’époque le site de Maromme employait 500 personnes.

« Jusqu’à présent, on était des presse-boutons. Au moindre souci on appelait le chef. Je ne dis pas que donner de l’autonomie soit une mauvaise chose mais le changement est trop brutal. Ces questions sont traitées très légèrement par la direction alors que certains d’entre nous sont au plus mal. La décision [du PSE] a été prise et appliquée froidement**. » Sollicitée, la direction du site n’a pas souhaité réagir.


** À la suite de témoignages de salariés et d’une tentative de suicide au siège social, les élus du CHSCT votent fin novembre 2018 une délibération afin de désigner un cabinet d’expertise sur les risques psychosociaux. La direction ne partage pas cet avis et choisit d’assigner des élus du CHSCT devant le tribunal de grande instance de Rouen. Initialement prévu le 10 janvier, le procès maintes fois reporté se tient le 30 avril. En référé, le TGI donne raison aux salariés.


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Historiquement, la Coopérative laitière agricole de la région rouennaise (l’ancêtre de Novandie) s’est installée sur les bords du Cailly, à Maromme, en 1949. (photo Boris Maslard/PN)

Historiquement, la Coopérative laitière agricole de la région rouennaise (l’ancêtre de Novandie) s’est installée sur les bords du Cailly, à Maromme, en 1949. (photo Boris Maslard/PN)

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Les Mamie Nova ont bloqué en novembre 2018 la plateforme logistique de Vironvay dans l'Eure. (photo archives B.M-C/PN)

Les Mamie Nova ont bloqué en novembre 2018 la plateforme logistique de Vironvay dans l'Eure. (photo archives B.M-C/PN)

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La pétition des salariés de Novandie (signée essentiellement en ligne) a recueilli 136 000 signatures. (photo archives C.H./PN)

La pétition des salariés de Novandie (signée essentiellement en ligne) a recueilli 136 000 signatures. (photo archives C.H./PN)

A show poster for Kellar
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Cette réorganisation se met en place depuis les premiers départs survenus le 10 juin. Emmanuel Dupont, six ans d’ancienneté, en fait partie.

« Le plus dur était l’attente. »

« Le plus dur était l’attente. On vient travailler sans savoir si on restera dans l’entreprise... On ne se lève plus avec la même envie. » À 45 ans, il vit son troisième licenciement. Neuf ans chez IDAP à Boos, suivis d’une période d’intérim, puis cinq ans chez Johnson Controls, au Grand-Quevilly, jusqu’à la fermeture laissant sur le carreau plus de 200 salariés. « Au moins, en deux mois c’était réglé. Je préférais... Là, c’est mon premier PSE. À la pause ça ne parlait que de ça. L’ambiance était assez tendue. »

Pour désigner les sortants, des notes sont attribuées par l’entreprise selon différents critères plus ou moins « rémunérateurs » : le nombre d’enfants à charge, l’âge, l’ancienneté, le handicap, un conjoint travaillant à Novandie et pour une part non négligeable, les qualités professionnelles (la note personnelle basée sur les compétences, la qualité du travail et l’implication dans le poste).

Licenciée puis repêchée...

Heureusement, « on ne se tire pas dans les pattes, on est tous solidaires », souligne Delphine Bachelier, bien qu’il ne soit pas tous les jours facile d’être une épaule réconfortante quand on est soi-même concerné par cette épreuve. À ce titre, la laborantine de 36 ans, avec ses dix ans d’ancienneté, a eu le droit à un ascenseur émotionnel... Après s’être vu signifier son licenciement, elle a finalement été repêchée au bout de quelques semaines. « Une collègue a démissionné », nous explique-t-elle, celle-ci préférant retourner chez son ancien employeur depuis la réorganisation du rythme de travail.

Un plan social est logiquement plus dur pour « les personnes qui ont plus de 50 ans, avec vingt ou trente ans d’ancienneté », relève la trentenaire. « Ce n’est pas facile de retrouver un emploi si vous n’avez connu que Novandie », confie Jean-Claude Amand, délégué syndical CFDT. L’entreprise faisait encore partie de celles offrant de bonnes conditions de travail. « C’est le meilleur boulot que j’ai eu, confirme Emmanuel Dupont. Ça me faisait plaisir d’y aller, le travail n’était pas pénible et le salaire correct [1 800 € net pour un poste de conducteur de lignes automatisées au rythme des trois-huit]. »

« Cela a été dur aussi à supporter pour les familles »

L’année écoulée aura laissé des traces également chez les délégués du personnel. « C’est mon premier PSE. Cela a été dur aussi à supporter pour les familles, on était souvent partis... », souligne Jean-Claude Amand, lui-même assigné en justice pour le blocage de Vironvay, en novembre, par sa direction finalement déboutée par le tribunal. Les divisions qui ont éclaté au sein du syndicat majoritaire n’ont pas aidé à apaiser le climat. Début novembre, le délégué central CFDT de Novandie signait le plan alors que les salariés du même syndicat défendaient encore un plan alternatif moins destructeur.

Les salariés de Novandie ont longuement défendu un plan alternatif moins destructeur d'emplois. (photo archives PN)

Les salariés de Novandie ont longuement défendu un plan alternatif moins destructeur d'emplois. (photo archives PN)

Fin septembre, les Mamie Nova ne seront plus que cinquante-neuf dans l’usine. « C’est difficile de voir partir les collègues avec qui vous avez travaillé pendant trente ans. Dans l’atelier c’est vide, le matériel est parti», décrit Jean-Claude Amand.

« Un CDI pour moi ce n'est pas du long terme »

Dès lors, pour les salariés, malgré le discours officiel rassurant, le déclin semble enclenché, voire irréversible. « Deux lignes de production, est-ce que c’est rentable ? », s’interroge Emmanuel Dupont. Le voici donc forcé de changer de crèmerie, prêt à rechercher de nouveau du travail. Peut-être chez Aspen à Notre-Dame-de-Bondeville ou Sanofi au Trait. En intérim certainement, pour mettre un pied dans l’entreprise. « Même si c’est ce que l’on recherche, un CDI pour moi ce n’est pas du long terme. On ne sait jamais si ça va durer, le principal c’est de travailler derrière. »

En 2015, l'Autorité de la concurrence a condamné neuf fabricants de produits laitiers frais, dont le groupe Andros, à des amendes d’un montant total de 192,7 millions d’euros pour une entente sur leurs prix de gros et les appels d’offres sur les marques distributeurs. Les pratiques incriminées portent sur une période allant de 2007 à 2011. (photo archives PN)

En 2015, l'Autorité de la concurrence a condamné neuf fabricants de produits laitiers frais, dont le groupe Andros, à des amendes d’un montant total de 192,7 millions d’euros pour une entente sur leurs prix de gros et les appels d’offres sur les marques distributeurs. Les pratiques incriminées portent sur une période allant de 2007 à 2011. (photo archives PN)

A photo of Kellar

Emmanuel Dupont, licencié après six ans d'activité chez Novandie. (photo C.H./PN)

Emmanuel Dupont, licencié après six ans d'activité chez Novandie. (photo C.H./PN)

A show poster of Kellar and 3 red devils

(photo archives PN)

(photo archives PN)

A poster illustrating Kellar's "self-decapitation" illusion

Delphine Bachelier, un temps licenciée et finalement repêchée. (photo C.H./PN)

Delphine Bachelier, un temps licenciée et finalement repêchée. (photo C.H./PN)

A show poster for Thurston the Great Magician
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La création de nouveaux emplois industriels demeure l’enjeu principal. À ce titre, nous nous sommes intéressés à la reconversion de Wild et de l’ancien laminoir de Vallourec.

Au sortir de deux siècles de prospérité, la vallée du Cailly, longtemps portée par le textile, la chimie ou la métallurgie, subit, comme nombre de bassins industriels français, un déclin engendré par une mondialisation dérégulée.

Ce territoire, s’étirant de la Seine jusqu’à Montville, régulièrement touché par les plans sociaux, expérimente divers projets de reconversion des friches industrielles. Avec plus ou moins de réussite. «La fonderie Sénard !, cite d’emblée le maire de Maromme, David Lamiray. Il y a une emprise de plus de 7 000 m² mais le terrain, à l’abandon depuis des années, est archipollué. C’est toute la difficulté. Un promoteur immobilier, lui, a la capacité de dépolluer. »

Au Houlme, le site de Wild (agroalimentaire) est toujours en jachère depuis la fermeture en 2016 accompagnée de 48 licenciements. Mais des emplois ont pu être recréés dans le cadre de la Mission industrielle de revitalisation économique (Mire) portée par la CCI Rouen Métropole. « Nous avons visé des entreprises qui étaient déjà installées et qui avaient des projets de développement », explique Claire Duquennoy, en charge de ce dossier clôturé le 30 juin 2019. La CCI a apporté son expertise « pour comprendre les freins au développement, faire le lien avec les structures de reclassement, jouer les intermédiaires pour l’immobilier, aborder les problématiques de financement... ».

57 CDI recréés dans le cadre de la revitalisation de Wild

Les accompagnements réalisés par la CCI ont ainsi permis la création de 57 emplois CDI au sein de douze entreprises implantées dans les bassins d’emploi du Houlme et de Malaunay jugés les plus impactés. Si tous les projets sont réalisés, au total, une centaine d’emplois industriels potentiels est espérée. À noter, les salariés de Wild n’ont pas été concernés par la Mire, les procédures de reclassement étaient terminées à son lancement.

En 2016, la fermeture du laminoir de Vallourec à Déville-lès-Rouen avait, une nouvelle fois, « endeuillé » la vallée, avec 180 licenciements sur 360 CDI existants. Trois ans après la signature du plan social, la reconversion, souvent vantée, piétine un peu.

Deux sociétés occupent aujourd’hui l’espace libéré. ATD porte un projet de désamiantage de matériel ferroviaire, essentiellement des voitures de la SNCF. Installé depuis près de deux ans, l’entreprise vient de terminer ses phases de test mais reste suspendue aux décisions des appels d’offres de la SNCF, qui pourraient intervenir d’ici le dernier trimestre 2019. Cinq emplois ont été créés pour les tests, une quarantaine est escomptée si elle décroche ces marchés. La société rouennaise (175 salariés) a choisi le site de Vallourec pour profiter de la voie ferrée reliant l’usine au port. D’autant que la société de métallurgie est elle-même devenue un « opérateur ferroviaire portuaire» fin 2018 (une première en France), ce qui lui permet de circuler de façon autonome sans dépendre de la SNCF.

Nordfilm : des emplois répartis entre Déville-lès-Rouen et Pont-Audemer

Nordfilm, entreprise de Pont-Audemer (27) spécialisée dans le film de protection, est la seconde entité chargée de revitaliser le site de Vallourec. Son intérêt tient dans la proximité de Novacel pour laquelle elle travaille. Le premier hangar est rénové, le second le sera pour septembre. En tout, 7 500 m² de stockage. « On produit les bobines à Pont-Audemer et on les stocke toutes à Déville-lès-Rouen pour être capable de livrer le jour même Novacel », détaille César Hulin, le PDG. En rapatriant le stockage à Déville-lès-Rouen (résultat, six personnes embauchées), la société a libéré de l’espace à Pont-Audemer permettant d’ajouter dans l’Eure une ligne de production avec quatre emplois à la clé. Nordfilm prévoit encore d’embaucher dix personnes, avec cette fois six dans son usine et quatre à Déville-lès-Rouen (en cas d’installation d’un atelier de découpe). Soit vingt emplois au total.

Au moment d’allouer une subvention à l’entreprise pour l’aider dans son implantation, la Métropole Rouen Normandie attendait vingt-quatre emplois « à l’horizon 2019 ». Mais les dix créés et les dix envisagés ne concernent donc pas uniquement la vallée du Cailly. César Hulin invite à penser à l’échelle de la région : « C’est un projet global que j’ai réalisé qui fait travailler des entreprises locales. »

A poster of Thurston. World's famous magician and wonder show of the earth

Au Houlme, le site de Wild est en friche depuis sa fermeture en 2016. (photo Boris Maslard/PN)

Au Houlme, le site de Wild est en friche depuis sa fermeture en 2016. (photo Boris Maslard/PN)

An illustrated poster of Thurston levitating an Egyptian princess

À l'hiver 2016, les salariés de Vallourec manifestent contre la fermeture du laminoir. (photo archives PN)

À l'hiver 2016, les salariés de Vallourec manifestent contre la fermeture du laminoir. (photo archives PN)

Vallourec est devenue un « opérateur ferroviaire portuaire » fin 2018 (une première en France), ce qui lui permet de circuler de façon autonome sans dépendre de la SNCF. (photo Boris Maslard/PN)

Vallourec est devenue un « opérateur ferroviaire portuaire » fin 2018 (une première en France), ce qui lui permet de circuler de façon autonome sans dépendre de la SNCF. (photo Boris Maslard/PN)

Nordfilm a acquis 7500 m² de hangars, sur l'ancien site de Vallourec, pour y réaliser du stockage. (photo Boris Maslard/PN)

Nordfilm a acquis 7500 m² de hangars, sur l'ancien site de Vallourec, pour y réaliser du stockage. (photo Boris Maslard/PN)

L'usine de Nordfilm à Pont-Audemer où les films de protection sont produits. (photo archives C.H./PN)

L'usine de Nordfilm à Pont-Audemer où les films de protection sont produits. (photo archives C.H./PN)

C’est incontestablement le discours entrepreneurial en vogue : «penser normand» en priorité. Cette mise en réseau, la CCI Rouen Métropole y contribue activement au sein de « Cléon 4.0 », un écosystème autour des batteries électriques et des usines de recyclage. Initié avec l’usine de Renault, il vise à ce « que les entreprises du bassin métropolitain montent en compétence pour qu’elles soient en capacité de diversifier leurs activités en travaillant avec le portefeuille des donneurs d’ordres [les poids lourds] locaux ».

Par exemple, à Renault, des dizaines de patrons de PME ont pu découvrir les innombrables pièces utilisées dans la production, chacun pouvant se positionner en fonction de ses compétences. À eux toutefois de s’aligner sur les prix du constructeur... Un « think local » cohérent à l’heure d’une reprise (timide) de l’emploi dans l’industrie en France.

De son côté, avec le lancement de ses 141 Territoires d’industrie, dont l’Axe Seine, le gouvernement se fixe plusieurs objectifs : la simplification administrative, l’enjeu du recrutement, et enfin le foncier économique et la revitalisation des friches industrielles.

A poster of Thurston. World's famous magician and wonder show of the earth

L'éco-système Cléon 4.0 a été initié autour de l'un des principaux employeurs de l'agglomération rouennaise. Ici, un atelier bobinage des moteurs électriques dont la ligne de production a été entièrement pensée, digitalisée à Cléon. (photo archives PN)

L'éco-système Cléon 4.0 a été initié autour de l'un des principaux employeurs de l'agglomération rouennaise. Ici, un atelier bobinage des moteurs électriques dont la ligne de production a été entièrement pensée, digitalisée à Cléon. (photo archives PN)

An illustrated poster of Thurston levitating an Egyptian princess

Dans la vallée du Cailly, après les services, l’industrie reste le principal employeur. Les usines qui ferment sont souvent remplacées par de plus petites structures. (Photo Sylvain Richon/PNTV/CPM drone)

Dans la vallée du Cailly, après les services, l’industrie reste le principal employeur. Les usines qui ferment sont souvent remplacées par de plus petites structures. (Photo Sylvain Richon/PNTV/CPM drone)

Quelle place pour l'industrie en ville ?

Novandie sera peut-être un jour un cas d’école. Il pose la question de la place de l’industrie en ville et donc au cœur de la vallée du Cailly. Tandis que l’entreprise supprime actuellement plus de la moitié de ses emplois à Maromme, les salariés s’inquiètent d’une potentielle vente d’une partie du terrain dans le cadre de la restructuration en cours. À l’occasion de l’élaboration du PLUi, un délégué syndical CFDT de Novandie avait obtenu l’engagement du président de la Métropole et du maire de Maromme pour que le terrain ne soit plus en zone urbanisable mais soit réservé à une activité économique, de crainte de voir un nouveau projet immobilier.
Pourtant, dans la version du PLUi présentée cette année et adoptée début 2020, rien n’a changé. Le maire, David Lamiray, plaide un problème de calendrier. « Le PLUi était suffisamment avancé, on était dans l’incapacité de le modifier. » Et de promettre : « Il fera l’objet d’une révision et dans la foulée du vote, dès la première modification, je ferai la demande ». Pas de quoi convaincre la partie « adverse ».

« La zone de La Maine ne cesse de s'agrandir », du fait de ses accès rapides aux axes routiers structurants, selon le maire de Maromme. (photo Boris Maslard/PN)

« La zone de La Maine ne cesse de s'agrandir », du fait de ses accès rapides aux axes routiers structurants, selon le maire de Maromme. (photo Boris Maslard/PN)


« Quand j’ai été élu maire en 2008, l’ensemble de la commune était en zone urbanisable. À part la zone industrielle de la Maine. Aujourd’hui, on a fini notre cycle. On est à 55 % de logements sociaux, il n’y en aura pas plus. Après, il faut bien comprendre que si un promoteur achète un terrain pour construire un immeuble, à partir du moment où il respecte le PLUi, le maire ne peut rien faire, ce n’est pas un shérif. »

Selon David Lamiray, « Maromme est la seule ville des 71 communes de la Métropole traversée en son coeur devant sa mairie par 22 000 véhicules par jour. Nous avons un centre-ville extrêmement routier." Les travaux rue des Martyrs (notre photo) répondaient à cet objectif d'avoir un espace "plus qualitatif, plus apaisé". (photo Boris Maslard/PN)

Selon David Lamiray, « Maromme est la seule ville des 71 communes de la Métropole traversée en son coeur devant sa mairie par 22 000 véhicules par jour. Nous avons un centre-ville extrêmement routier." Les travaux rue des Martyrs (notre photo) répondaient à cet objectif d'avoir un espace "plus qualitatif, plus apaisé". (photo Boris Maslard/PN)

Pour l’élu, le principal frein demeure la circulation. « La vallée est engorgée. Désolé que ce soit un peu ma marotte, mais sa desserte est un problème à l’échelle de la Métropole. Je lie la perte d’emplois à la difficulté d’accéder aux axes structurants. » Peu enclin à rajouter des poids lourds en ville, David Lamiray milite davantage pour le développement de la zone économique de La Maine en périphérie.

Annette Gallot et Jean-Marie Fouquet, membres du Comité pour l'emploi dans la vallée du Cailly (photo C.H./PN)

Annette Gallot et Jean-Marie Fouquet, membres du Comité pour l'emploi dans la vallée du Cailly (photo C.H./PN)

Au sein du Comité pour l’emploi dans la vallée du Cailly, on se bat pour maintenir des activités industrielles partout où c’est possible. À commencer, sur les sites des usines qui ferment, en ville. « L’usine, ce n’est pas sale... même si ça fait du bruit, lancent Annette Gallot et Jean-Marie Fouquet. Nous avons un héritage industriel avec des savoir-faire dans la vallée. La culture rouennaise, c’est aussi ça, des ingénieurs de renom et des ouvriers qui étaient fiers de participer à la création de quelque chose. »

La gare de Maromme est un atout pour la vallée du Cailly. Le plan transport concocté par la Région, qui entrera en vigueur en 2020, prévoit la fermeture de son accueil physique (photo Boris Maslard/PN)

La gare de Maromme est un atout pour la vallée du Cailly. Le plan transport concocté par la Région, qui entrera en vigueur en 2020, prévoit la fermeture de son accueil physique (photo Boris Maslard/PN)

Textes et mise en page : Christophe Hubard

Photos : Paris-Normandie

Vidéos : Sylvain Richon / PNTV / CPM drone